
Chemin de Croix de saint Josémaria
Revivre le Chemin de Croix est une coutume traditionnelle dans l'Eglise. Nous vous proposons les 14 stations illustrées du Chemin de Croix composé par le fondateur de l'Opus Dei.
Mon Seigneur et mon Dieu, sous le regard aimant de notre Mère, nous allons T'accompagner sur le chemin de douleur qui fut le prix de notre rachat. Nous voulons souffrir tout ce que Tu as souffert, T'offrir notre pauvre cœur contrit, parce que Tu es innocent et que Tu vas mourir pour nous, les seuls coupables. Ô ma Mère, Vierge des douleurs, aide-moi à vivre ces heures amères que ton Fils a voulu passer sur la terre, pour que nous, qui ne sommes faits que d'un peu de boue, puissions enfin vivre in libertatem gloriae filiorum Dei, dans la liberté et la gloire des enfants de Dieu.
Il est un peu plus de dix heures du matin. Le procès touche à sa fin. Aucune preuve ne s'est révélée concluante. Le juge, qui sait que ses ennemis l'ont livré par envie, tente un recours absurde: le choix entre Barabbas, un malfaiteur accusé de vol et d'homicide, et Jésus, qu'on appelle le Christ. Le peuple choisit Barabbas. Pilate s'exclame:
— Que ferai-je donc de Jésus? (Mt 27, 22).
Tous répondent: — Crucifie-le! Le juge insiste: — Mais quel mal a-t-il fait?
Et ils répondent de nouveau, à grands cris: — Crucifie-le! Crucifie-le! Pilate prend peur face au tumulte grandissant. Il se fait alors apporter de l'eau et se lave les mains devant le peuple, en disant:
— Je suis innocent du sang de ce juste; à vous de voir (Mt 27, 24).
Et après avoir fait flageller Jésus, il le livre pour qu'ils le crucifient. Le silence se fait dans ces gorges enragées et possédées. Comme si Dieu était déjà vaincu.
Jésus est seul. Qu'ils sont loin les jours où la parole de l'Homme-Dieu inondait les coeurs de lumière et d'espérance; qu'elles sont loin les longues processions de malades qui s'en retournaient guéris, et les clameurs triomphales de Jérusalem fêtant l'entrée du Seigneur, monté sur un âne paisible. Si seulement les hommes avaient voulu donner un autre cours à l'amour de Dieu! Si seulement nous avions connu, toi et moi, le jour du Seigneur!
En sortant de la ville, au nord-est de Jérusalem, se trouve une hauteur appelée Golgotha en araméen, locus Calvariae en latin, lieu du Crâne ou Calvaire.
Jésus se livre sans défense à l'exécution de la sentence. Rien ne lui sera épargné, et voici que le poids de la croix infamante s'abat sur ses épaules. Mais, par la vertu de l'amour, la Croix se transformera en trône de sa royauté.
Les habitants de Jérusalem, et les étrangers venus, pour la Pâque, se pressent dans les rues de la ville pour voir passer Jésus de Nazareth, le Roi des Juifs. Le tumulte des voix est entrecoupé de courts silences: peut-être lorsque le Christ fixe les yeux sur quelqu'un:
— Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il prenne sa croix, chaque jour, et qu'il me suive (Mt 16, 24).
Avec quel amour Jésus embrasse le bois qui va devenir l'instrument de sa mort!
N'est-il pas vrai que, dès que tu cesses d'avoir peur de la Croix, de ce que les gens appellent croix, et que ta volonté s'applique à accepter la Volonté divine, tu es heureux, et que disparaissent tous tes soucis, toutes tes souffrances physiques ou morales?
Douce et aimable est, en vérité, la Croix de Jésus. Avec elle, nulle peine n'a d'importance: seule compte la joie de se savoir corédempteur avec lui.
La Croix entame, déchire de son poids les épaules du Seigneur. La foule a grossi démesurément. Les légionnaires peuvent à peine contenir le peuple agité et furieux qui, tel un fleuve sorti de son lit, afflue de toutes les ruelles de Jérusalem.
Le corps exténué de Jésus se met à chanceler sous l'énorme Croix. C'est à peine si de son coeur très aimant parvient un souffle de vie à ses membres blessés.
A sa droite et à sa gauche, le Seigneur voit cette multitude, errant comme des brebis sans pasteur. Il pourrait les appeler une par une, par leurs noms, par nos noms. Là sont présents ceux qui ont été nourris lors de la multiplication des pains et des poissons, ceux qui ont été guéris de leurs infirmités, ceux qui ont entendu sa doctrine, au bord du lac, sur la montagne et sous les portiques du Temple.
Une douleur aiguë transperce l'âme de Jésus, et le Seigneur s'écroule, exténué.
Ni toi ni moi ne pouvons rien dire: nous savons maintenant pourquoi la Croix de Jésus pèse tant. Et nous pleurons nos misères, ainsi que la terrible ingratitude du coeur humain. Du fond de notre âme surgit un acte de contrition véritable, qui nous tire de la prostration du péché. Jésus est tombé pour que nous nous relevions: une fois et toujours.
A peine Jésus s'est-Il relevé de sa première chute qu'Il rencontre sa Très Sainte Mère, au bord du chemin où Il passe.
Avec un amour immense, Marie regarde Jésus et Jésus regarde sa Mère; leurs regards se croisent, et chaque coeur déverse sa propre douleur dans le coeur de l'autre. L'âme de Marie est plongée dans l'amertume, dans l'amertume de Jésus-Christ.
O vous, qui passez par le chemin, considérez et voyez s'il est douleur pareille à ma douleur! (Lm 1, 12).
Mais personne ne se rend compte de rien; personne ne fait attention; personne, sauf Jésus.
La prophétie de Siméon s'est accomplie: un glaive transpercera ton âme (Lc 2, 35).
Dans l'obscure solitude de la Passion, Notre Dame offre à son Fils un baume de tendresse, d'union, de fidélité; un oui à la volonté divine.
Toi et moi, conduits par Marie, nous voulons nous aussi consoler Jésus, acceptant toujours et en tout la Volonté de son Père, de notre Père.
C'est seulement ainsi que nous savourerons la douceur de la Croix du Christ et que nous l'embrasserons avec la force de l'Amour, la portant en triomphe sur tous les chemins de la terre.
Jésus est exténué. Son pas se fait de plus en plus lourd et les soldats sont pressés d'en finir; voilà pourquoi, sortant de la Ville par la porte Judiciaire, ils réquisitionnent un homme qui venait d'une ferme, un certain Simon de Cyrène, père d'Alexandre et de Rufus, et l'obligent à porter la croix de Jésus (cf. Mc 15, 21).
Par rapport à l'ensemble de la Passion, cette aide représente bien peu de chose. Mais il suffit à Jésus d'un sourire, d'un mot, d'un geste, d'un peu d'amour, pour qu'Il déverse en abondance sa grâce dans l'âme de l'ami. Quelques années plus tard, les fils de Simon, devenus chrétiens, seront connus et estimés parmi leurs frères dans la foi. Tout a commencé par une rencontre fortuite avec la Croix.
Je me suis présenté à ceux qui ne me questionnaient pas, Je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas (Is 65, 1).
Parfois, la Croix apparaît sans qu'on la cherche: c'est le Christ qui s'inquiète de nous. Et si jamais, devant cette Croix inattendue, et peut-être plus obscure, ton coeur montrait de la répugnance... ne lui donne pas de consolation. Quand il en demandera, dis-lui doucement, comme en confidence, plein d'une noble compassion: sur la Croix, mon coeur! sur la Croix, mon coeur!
Il n'y a en lui ni grâce ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence attirant notre amour. Il était méprisé et abandonné des hommes, homme de douleurs et familier de la souffrance, celui devant qui on se voile la face, méprisé, et de qui nous ne faisions aucun cas (Is 53, 2-3).
Et c'est pourtant le Fils de Dieu qui passe; fou,... fou d'Amour!
Une femme, nommée Véronique, se fraye un chemin à travers la foule, portant un linge blanc, plié, avec lequel elle essuie pieusement le visage de Jésus. Le Seigneur laisse l'empreinte de sa Sainte Face sur les trois parties de ce voile.
Le visage bien-aimé de Jésus, ce visage qui avait souri aux enfants et s'était transfiguré, glorieux, sur le mont Thabor, a comme disparu, masqué par la douleur. Mais cette douleur est notre purification; mais cette sueur et ce sang qui ternissent et estompent ses traits sont notre propreté.
Seigneur! Que je me décide à arracher, par la pénitence, ce pauvre masque que m'ont fait mes misères... Et alors, seulement alors, par le chemin de la contemplation et de l'expiation, ma vie reproduira fidèlement les traits de ta vie. Chaque jour, nous Te ressemblerons davantage.
Déjà hors des murailles de la ville, le corps de Jésus s'abat de nouveau d'épuisement, tombant pour la seconde fois, parmi les cris de la foule et la bousculade des soldats.
La faiblesse du corps et l'amertume de l'âme ont fait tomber Jésus une nouvelle fois. Tous les péchés des hommes — les miens aussi — pèsent sur sa très Sainte Humanité.
C'étaient nos souffrances qu'Il supportait et nos douleurs dont Il était accablé. Et nous autres, nous L'estimions châtié, frappé par Dieu et humilié. Il a été transpercé à cause de nos péchés, écrasé à cause de nos crimes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur Lui et c'est grâce à ses plaies que nous sommes guéris (Is 53, 4-5).
Jésus défaille, mais sa chute nous relève, sa mort nous ressuscite.
A notre récidive dans le mal, Jésus répond par son obstination à nous racheter, par l'abondance de son pardon. Et afin que personne ne désespère, Il étreint la Croix et se relève péniblement.
Que nos trébuchements et nos défaites ne nous éloignent plus jamais de Lui. Tel le faible enfant qui se jette, contrit, dans les bras vigoureux de son père, toi et moi, nous nous assujettissons au joug de Jésus. Seules cette contrition et cette humilité transformeront notre faiblesse humaine en une force divine.
Parmi les gens qui regardent passer le Seigneur, quelques femmes ne peuvent retenir leur compassion et éclatent en sanglots, se souvenant peut-être des journées glorieuses de Jésus-Christ, quand tous s'exclamaient, émerveillés: bene omnia fecit (Mc 7, 37), Il a bien fait toute chose.
Mais le Seigneur veut donner à ces pleurs un motif plus surnaturel, et Il les invite à pleurer sur les péchés qui sont la cause de la Passion et qui attireront la rigueur de la justice divine:
— Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants... Car, si on traite ainsi le bois vert, qu'en sera-t-il du sec? (Lc 23, 28. 31).
Tes péchés, les miens, ceux de tous les hommes, se dressent devant nous. Tout le mal que nous avons fait, et le bien que nous avons négligé de faire. La vision affligeante des délits et infamies sans nombre que nous aurions commis si Lui, Jésus, ne nous avait réconfortés par la lumière de son regard très aimable.
Qu'une vie est vraiment peu de chose, pour réparer!
Sur le flanc du Calvaire, alors qu'il ne reste plus que quarante ou cinquante pas pour arriver au sommet, le Seigneur tombe pour la troisième fois. Jésus ne tient plus debout: les forces lui manquent et Il gît à terre, épuisé.
Il s'est livré parce qu'Il l'a voulu; maltraité, Il n'ouvrait pas la bouche; tel l'agneau conduit à l'abattoir, et la brebis muette devant ceux qui la tondent (Is 53, 7).
Tous sont contre Lui...: ceux de la ville et les étrangers, les pharisiens, les soldats, et les princes des prêtres... Tous sont ses bourreaux. Sa Mère — ma Mère —, Marie, pleure.
Jésus accomplit la volonté de son Père! Pauvre: Il est nu. Généreux: que pourrait-Il encore donner? Dilexit me, et tradidit semetipsum pro me (Ga 2, 20), Il m'a aimé et s'est livré pour moi, jusqu'à la mort.
Mon Dieu! que je haïsse le péché, et que je m'unisse à Toi, étreignant la Sainte Croix, afin qu'à mon tour j'accomplisse ta Volonté très aimable,... dépouillé de tout attachement terrestre, sans autre visée que ta gloire,... avec générosité, sans rien garder pour moi, m'offrant avec toi dans un parfait holocauste.
Lorsque le Seigneur arrive au Calvaire, on lui donne à boire un peu de vin mélangé à du fiel, sorte de narcotique pour atténuer un peu la douleur de la crucifixion. Mais Jésus, après l'avoir goûté, par reconnaissance pour ce pieux service, n'a pas voulu le boire (cf. Mt 27, 34). Il se livre à la mort avec la pleine liberté de l'Amour.
Puis les soldats dépouillent le Christ de ses vêtements.
De la plante des pieds à la tête, il n'y a en lui rien d'intact: blessures, meurtrissures, plaies ouvertes, ni soignées, ni bandées, ni soulagées par de l'huile (Is 1, 6).
Les bourreaux prennent ses vêtements et en font quatre parts. Mais la tunique est sans couture; aussi se disent-ils entre eux:
— Ne la déchirons pas; mais tirons au sort pour savoir qui l'aura (Jn 19, 24).
C'est ainsi que l'Ecriture s'accomplit une fois de plus: ils se sont partagé mes vêtements, ils ont tiré au sort ma tunique (Ps 21, 19).
C'est la spoliation, le dépouillement, la pauvreté la plus absolue. Rien n'est resté au Seigneur, si ce n'est un morceau de bois.
Pour arriver à Dieu, le Christ est le chemin; mais le Christ est sur la Croix, et pour monter sur la Croix il faut avoir le coeur libre, détaché des choses de la terre.
Maintenant, ils crucifient le Seigneur, et à côté de Lui deux voleurs, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche. Pendant ce temps Jésus dit:
— Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font (Lc 23, 34).
C'est l'amour qui a conduit Jésus au Calvaire. Et une fois sur la Croix, tous ses gestes et toutes ses paroles sont des gestes et des paroles d'amour, d'amour serein et fort.
Dans un geste de Prêtre éternel, sans père ni mère, sans généalogie (cf. Hb 7, 3), Il ouvre ses bras à l'humanité tout entière.
En même temps que les coups de marteau qui clouent Jésus, résonnent les paroles prophétiques de la Sainte Ecriture: Ils ont troué mes mains et mes pieds. Je peux compter tous mes os; ils me regardent et m'observent (Ps 21, 17-18).
— Mon peuple, que t'ai-Je fait? En quoi— t'ai— Je attristé: Réponds-moi! (Mi 6, 3).
Et nous, l'âme déchirée de douleur, nous disons sincèrement à Jésus: je suis à Toi, à Toi je me donne et je me cloue à la Croix avec j'oie, pour être, à tous les carrefours du monde, une âme dédiée à Toi, à ta Gloire, à la Rédemption, à la corédemption de l'humanité tout entière.
Au faîte de la Croix, est écrit le motif de la condamnation: Jésus de Nazareth, Roi des Juifs (Jn 19, 19). Et tous ceux qui passent là l'insultent et se moquent de Lui.
— S'il est roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix (Mt 27, 42).
Un des voleurs prend sa défense:
— Il n'a fait aucun mal... (Lc 23, 41).
Puis il adresse à Jésus une demande humble et pleine de foi:
— Seigneur, souviens-toi de moi quand Tu viendras dans ton royaume (Lc 23, 42).
— En vérité Je te le dis, aujourd'hui même tu seras avec moi dans le Paradis (Lc 23, 42).
Près de la Croix se tient Marie, sa Mère, avec d'autres saintes femmes.
Jésus la regarde, regarde ensuite le disciple qu'Il aime et dit à sa Mère:
— Femme, voici ton fils.
Puis Il dit au disciple:
— Voici ta mère (Jn 1 9, 26-27).
Le ciel s'obscurcit et la terre est plongée dans les ténèbres. Il est près de trois heures lorsque Jésus s'exclame:
— Eli, Eli, lamma sabachtani: C'est-à-dire: mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as-Tu abandonné? (Mt 27, 46).
Après quoi, sachant que tout est sur le point d'être consommé, Il dit, afin que s'accomplisse l'Ecriture:
— J'ai soif (Jn 19, 28).
Les soldats trempent une éponge dans du vinaigre et, la fixant à une branche d'hysope, la lui portent à la bouche. Jésus goûte le vinaigre et dit:
— Tout est accompli (Jn 19, 30).
Le rideau du Temple se déchire, et la terre tremble tandis que le Seigneur s'exclame en un grand cri:
— Père, Je remets mon esprit entre tes mains (Lc 23, 46).
Et il expire.
Aime le sacrifice, source de vie intérieure. Aime la Croix, autel du sacrifice. Aime la douleur, au point de boire, comme le Christ, la lie du calice.
Marie, submergée par la douleur, est près de la Croix. Et Jean est avec elle. Mais il se fait tard, et les Juifs insistent pour que l'on enlève le Seigneur de là.
Après avoir obtenu de Pilate la permission que requiert la loi romaine pour enterrer les condamnés, un sénateur nommé Joseph, homme bon et juste, originaire d'Arimathie, arrive au Calvaire. Il ne s'est associé ni au dessein ni aux actes des autres. Au contraire, il est de ceux qui attendent le Royaume de Dieu (Lc 23, 50-51).
Nicodème est venu avec lui, lui qui précédemment était allé trouver Jésus de nuit, et il apporte un mélange de myrrhe et d'aloès, d'environ cent livres (Jn 19, 39).
Ces hommes n'étaient pas connus publiquement comme disciples du Maître; ils n'étaient pas présents au moment des grands miracles et ne l'avaient pas accompagné lors de son entrée triomphale à Jérusalem. Maintenant, en des circonstances difficiles, alors que les autres ont fui, ils ne craignent pas de se déclarer en faveur de leur Seigneur.
A eux deux ils prennent le corps de Jésus et le déposent dans les bras de sa Très Sainte Mère. La douleur de Marie se ravive.
— Où est parti ton Bien-aimé, ô la plus belle des femmes? Où s'est tourné ton Bien-aimé, que nous le cherchions avec toi? (Ct 5, 17).
La Très Sainte Vierge est notre Mère, et nous ne voulons, ni ne pouvons la laisser seule.
Tout près du Calvaire, dans un jardin, Joseph d'Arimathie s'était fait tailler dans le roc un sépulcre neuf. Et parce que c'est la veille de la grande Pâque des Juifs, on y dépose Jésus. Puis Joseph roula une grosse pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla (Mt 27, 60).
Jésus est venu au monde sans rien, et c'est sans rien, pas même le lieu où Il repose, qu'Il s'en est allé.
La Mère du Seigneur — ma Mère — et les femmes qui ont suivi le Maître depuis la Galilée, après avoir tout observé avec attention, s'en vont aussi. La nuit tombe.
Maintenant tout est fini. L'oeuvre de notre Rédemption s'est accomplie. Nous sommes de nouveau enfants de Dieu, car Jésus est mort pour nous et sa mort nous a rachetés.
Empti enim estis pretio magno! (1 Co 6, 20), toi et moi avons été achetés à grand prix.
Nous devons faire nôtres la vie et la mort du Christ. Mourir par la mortification et par la pénitence, pour que vive en nous le Christ, par l'Amour. Et suivre alors les pas du Christ, soucieux de co-racheter toutes les âmes.
Donner sa vie pour les autres. C'est la seule façon que nous ayons de vivre la vie de Jésus-Christ et de ne faire qu'un avec Lui.
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2010/08/01
